D’où vient l’idée ?


Par Rémi Champeaux - fondateur Hy-Generation

 


D'abord, d'une autre vie - Acergy & les monstres d'acier

Pendant quelques années, j'ai été embarqué à bord d'un navire de construction de la compagnie Acergy (aujourd'hui fusionnée avec Subsea) comme ingénieur opération. Ce sont ces navires assez incroyables que l'on utilise pour construire & installer en mer les infrastructures de l'exploitation pétrolière... 

Il faut des moyens extraordinaires pour installer sur -et sous- la mer des usines aussi grandes que des villes, parfois par plus de 2000m de fond, destinées à puiser le précieux liquide énergétique.

Acergy_Eagle_NorthSea

L'Eagle est un ancien cablier de 140m de long par 20m de large,  reconverti en navire de construction multi-usage. Un "couteau suisse" cadet d'une flotte de navires incroyables : capacité de levage de 250 Tonnes, tour de pose de flexibles, 2 cloches de plongée en saturation jusqu'à 200m, 2 ROV (sous-marins filoguidés) >2000m, etc...

Acergy_Eagle_thrustersCes monstres d'aciers sont équipés de plusieurs POD directionnels de forte puissance utilisés à la fois pour propulser et pour le positionnement dynamique. Ils consomment plusieurs dizaines de milliers de litres de diesel par jour !

Lorsque j'ai fondé Hy-Generation, j'étais décidé à travailler sur l'autre bout de la chaîne : tenter de modérer nos besoins énergétiques et de soulager la pression sur nos précieuses ressources énergétiques. Je ne me doutais pas encore que toutes ces expériences marines allaient directement m'inspirer.

 


Ensuite, précisons le sujet - Hy-Generation

Est-il possible qu'une start-up aussi jeune puisse déjà avoir plusieurs vies ?

L'expérience de Hy-Generation montre que oui. Il y a quelques années, la société était majoritairement axée sur l’ingénierie et le développement de projets piles à combustible. Ces générateurs d'énergies prennent un rôle primordial à l'heure des énergies renouvelables et de la mobilité électrique.

Dans cette activité, j'ai fait émergé plusieurs projets d'intégration de piles à combustible à bord de navires. Il faut croire que la mer exerce sur moi une attraction inévitable. Mais chaque fois, je butais sur le sujet de l'efficacité en propulsion. Le besoin d'améliorer la performance des hélices était de plus en plus évident.

 


Enfin l'inspiration

Après avoir identifié et mis des mots (ainsi que quelques croquis) sur ce problème, il envahit ma pensée et devint un brin obsédant. C'est à ce moment, juste avant qu'il vous énerve franchement, que vous devenez créatif.

Comment l'hélice que nous connaissons doit-elle évoluer pour être adaptée à toutes les vitesses de croisière et tous les régimes moteurs ? Si on garde le principe actuel, il faudrait une infinité de pales, avec des formes et des vrillages différents...

Dans ma vie quotidienne, tout m'inspire un embryon de réponse. Hors, mon quotidien est alors rythmé par de nombreuses sorties en mer sur le voilier familial ou seul sur ma planche à voile.

Un jour, en explorant un nouveau spot de planche, je m'aperçois que c'est en réalité plutôt un spot de kitesurf. Tant pis, j'y vais quand même... Très vite, je comprends pourquoi les planches et les kites ne naviguent pas ensemble. Après avoir attrapé, du bout de mon mât, 4 ou 5 lignes de ces cerf-volants géants, je rentre sur la plage et j'observe. Comment arrivent-ils à créer de la portance au bout d'un fil mou? Et à maintenir cette voile en place sans aucun support rigide? C'est quand même génial comme idée...

Et c'est comme ça que quelques jours plus tard, j'ai trouvé comment mes pales allaient 'flotter' en équilibre, décalées par rapport au point récupérant l'effort propulsif, tel un kitesurfer au bout de sa ligne !

Une explication plus détaillée du concept se trouve dans l'onglet ... concept !